Vivre sur sa moto..

kdsk-JeanMarc · 2026-09-06

https://youtu.be/2KmN-GahfbA?is=1BpvwMYDIuYfttKW

Une vidéo réalisée par notre hôte, je la partage ici parce que je la trouve fort intéressante, elle me parle énormément et j’en ressors un peu bouleversé, bousculé, interrogé.

Je ne sais pas si je serai capable de partir comme ça, plus honnêtement je m’en sens tout à fait incapable parce que ça exigerait pour ma part de partir sans un rond et que je ne veux pas risquer de faire dormir mon épouse sous un pont. Pourtant j’aimerai quitter cette vie qui ne me convient pas vraiment mais je n’ai plus tendance à voir l’herbe plus verte ailleurs...ou simplement j’ai perdu confiance en moi.

J’ai trouvé le commentaire d’André sous la vidéo très pertinent aussi, très terre à terre et il y a un peu le fond de ma penser dedans.

Daniel · 2026-09-06

@kdsk-JeanMarc : "Je ne sais pas si je serai capable de partir comme ça, plus honnêtement je m’en sens tout à fait incapable parce que ça exigerait pour ma part de partir sans un rond et que je ne veux pas risquer de faire dormir mon épouse sous un pont. Pourtant j’aimerai quitter cette vie qui ne me convient pas vraiment mais je n’ai plus tendance à voir l’herbe plus verte ailleurs...ou simplement j’ai perdu confiance en moi."

350000 SDF en France en 2026, 15000 de plus tous les ans depuis 20 ans... 24000 expulsions locatives en 2024, 30000 en 2025 avec une estimation de + 25 % tous les ans à venir. Franchement, je conseille à tout le monde de se préparer.

Il y a 10 ans, j'ai acheté une parcelle de forêt, juste parce que j'avais comme hobby le bushcraft et la photo animalière. J'y ai construit un bivouac pour y passer quelques nuits le week-end. J'ai divorcé 6 mois plus tard et j'y ai passé de plus en plus de temps jusqu'à y emménager à plein temps en 2021.
Alors je ne vis pas sur ma moto, je ne voyage pas (en fait je ne voyage plus, mais j'ai 10 ans d'armée et j'ai vu du pays pour toute une vie), mais c'est tout comme, puisque je vis en pleine nature. J'ai juste l'avantage d'avoir pensé à en faire un métier pour en tirer quelques revenus (je forme des gens qui veulent voyager, justement) que je complète avec des petits boulots à droite ou à gauche.
Ce n'est pas un style de vie très difficile, pour peu qu'on se soit préparé avant d'y être obligé par la force des choses. Je vis chichement (je rentre en moyenne 7000 balles par an), mais j'ai un terrain, un toit et une moto, et mes seules factures concernent la moto et la partie de nourriture que je ne produis pas. Et comme le dit notre hôte dans sa vidéo, je n'ai pas beaucoup de biens matériels, mais je m'enrichis depuis 5 ans de souvenirs que je n'aurais jamais pu connaître en restant dans mon petit pavillon avec l'eau chaude au robinet à toutes heures de la journée (parce que franchement, c'est la seule chose que je regrette).
Après, je suis célibataire, donc je n'ai pas de contrainte familiale. J'ai une copine qui vit à 250 kms, mais elle passe 2 semaines sur 8 avec moi et elle a toujours dit qu'elle était bien mieux ici que dans son HLM. Son seul problème, c'est qu'elle a peur des petites bêtes. Mais bon, quand tu as la chance de découvrir un chevreuil ou un renard devant ta porte quand tu te lèves le matin, ou un hérisson au pied du lit quand tu te lèves la nuit parce qu'il est rentré par la chatière, tu ne te formalise pas pour quelques araignées.

sam35 · 2026-09-06

@kdsk-JeanMarc Si je pouvais convaincre ma femme de passer le permis A2, j'enverrai tout valdinguer dès qu'elle aurait le permis en poche. C'est peut-être pas plus mal que j'ai cette contrainte pour me freiner. Mais aussi, je supporte de moins en moins cette vie qu'on passe à gagner, à gâcher les plus belles années qu'il nous reste. Les cancicules de cet été ont achevé de vider mes batteries en plus 😄

On était allé voir son ami en Indonésie (il y a 15 ans déjà, et il y est toujours). Et bah franchement, il a clairement bien fait de prendre son risque. Après, la junte militaire sur place me plait moyennement. J'ai senti la tension un jour où notre chauffeur longue distance s'était fait contrôler par un militaire sur la route. Tu sentais que tout pouvait dégénérer très vite.

Entre les deux, il y a ce couple d'Allemands. C'est bien planifié ce qu'ils font. Même Capitaine Morgane et son côté fou fou, son expérience lui a permis de trouver sa voie comme sorte de "guide de road trip moto", en plus de YouTube.

Tu as quel âge si c'est pas indiscret ?

Edit : André a trouvé son équilibre j'ai l'impression. C'est un artiste si j'en crois le descriptif de sa chaine YT (musicien et acteur). Et le plaisir que l'on trouve dans la création, même si c'est un accouchement parfois, procure une satisfaction que ne permet pas un job productif.

sam35 · 2026-09-06

@Daniel C'est une autre façon de sortir du carcan, de ne plus être obligé de vivre pour réaliser les objectifs de quelqu'un qui se fiche de nous (un patron et sa cour de petits chefs dans le cas de la boite où je suis actuellement). En plus, le reste à vivre diminuant à mesure que la vie augmente (sans que les salaires suivent), la carotte d'une vie rangée est de moins en moins évidente 🐰

kdsk-JeanMarc · 2026-09-06

@Daniel

Oui je connais la démerde aussi. A une époque j’ai quitté famille et amis et j’’ai passé plus de 10 ans sur une parcelle agricole sans eau ni électricité. Je sais ce que c’est que de se chauffer à la flamme de la bougie sous un toit rudimentaire, de dépieuter des palettes pour en faire un cabanon, se lever à l’aube bêche à la main pour aller chier un coup, vivre de son jardin, de troc et de combines et je sais très bien de quoi il s’agit quand on parle de frugalité, de solitude, relativiser la valeur d’apaiser sa faim et d’étancher sa soif. J’ai appris à devenir ce que je suis aujourd'hui et j’ai mis en pratique à ma façon l’idee qu’il "faut savoir se réinventer " selon les termes de Leo Ferré dans "il n’y a plus rien". Je sais ce que c’est que de vivre "comme un chien" en quelque sorte..

Maintenant, je sais aussi très bien à quel point c’est devenu compliqué de vivre ainsi sans être emmerdé et je ne me sens plus la force, le courage ou même la volonté de lutter contre ce qui pourrait s’apparenter à une chasse aux sorcières aujourd'hui.

Seulement ici, le sujet n’est pas le confort même sommaire de jouir de sa propriété à sa guise mais de tout plaquer pour vivre comme un drifter sur sa moto et bien que l’idée résonne très fort dans mon âme, d’un point de vue strictement pragmatique je ne m’en sens pas capable. Aussi, je n’ai fait que des métiers de besogneux, aussi bien dans le gros oeuvre que dans l’agriculture en tant qu’ouvrier viticole puis chevrier. Actuellement, à 55 ans, ma situation professionnelle est devenue plus "confortable" en tant qu’agent territorial mais je suis déjà rincé physiquement. J’aime mon métier à vocation du service publique, je crois en son utilité, le souci étant plutôt d’ordre conflictuel avec certains de mes pairs et l’impression de vivre dans impasse psychologiquement pour d’autres raisons encore alors que j’ai toujours fait au moins en sorte de me retrouver à un carrefour. Donc pour imager mon état d’esprit depuis quelque temps, tout plaquer pour vivre à moto ne m’amènerait non pas sur un carrefour ni dans une impasse mais sous un pont parce qu’on ne devient pas drifter selon sa simple volonté.

sam35 · 2026-09-06

J'avais été très impressionné par 'riding giants' il y a une vingtaine d'années. Avant ce documentaire, je voyais les surfeurs comme des fils à papa qui voulaient se donner un genre. Là, j'avais découvert que c'était en fait des gars sincères, en quête de quelque chose. Ils vivaient avec 3 fois rien en attendant les bonnes conditions pour surfer. Il volaient même des poules pour bouffer par moment (oui, c'st mal). En attendant, ça les rendait bien plus heureux que la vie rangée qu'on leur préparait.
Bon, ça n'est plus possible de faire ce qu'ils ont fait aujourd'hui, parce que tout s'est professionnalisé.
Ils avaient 18 ou 20 ans, ça compte aussi.

A un certain âge, on sait que le film continue après le générique de fin et qu'on doit avoir un filet de sécurité. C'est le côté chiant à être devenu adultes. C'est pour ça que c'est une décision personnelle. Et qu'on est très loin du désir d'épater. D'autant que le voyage est loin d'être la tasse de thé de la majorité de son entourage.

C'est le côté pénible du boulot : se prendre la tête avec ses pairs. Ou pire, avec sa hiérarchie. C'est toujours le pot de terre qui perd. Mais quand on ne pourrait plus se regarder dans un miroir parce qu'on se soumettrait à une organisation absurde et injuste, ça n'est pas tenable sur la durée.
La solution, c'est de cloisonner. J'ai eu des collègues qui faisaient ça très bien. Une minute après le portail franchi, ils ne pensent plus ni au boulot, ni aux casse cou... bonbons qui leur soufflent dans la nuque la journée. Peut-être que ça se travail.
Bon, certains avaient la main lourde sur la bibine. Mais pas tous.
D'autre étaient dans la défonce sportive (course ou vélo).
D'autres encore dans ... la pêche. Bref tout ce qui permet de couper net et d'arrêter de ruminer quand ils ne sont pas au boulot.
Vivement la retraite 😄 Il y a des jeunes qui ne trouvent pas de boulot et des "vieux" qui n'en peuvent plus : il y aurait peut-être moyen d'équilibrer ces flux.

Daniel · 2026-09-07

@ sam35 : "être obligé de vivre pour réaliser les objectifs de quelqu'un qui se fiche de nous (un patron et sa cour de petits chefs dans le cas de la boite où je suis actuellement)"
-> Après 10 ans d'armée, j'ai bossé 17 ans en grande distribution, alors si tu savais comme je te comprends...

@kdsk-JeanMarc : "Maintenant, je sais aussi très bien à quel point c’est devenu compliqué de vivre ainsi sans être emmerdé et je ne me sens plus la force, le courage ou même la volonté de lutter contre ce qui pourrait s’apparenter à une chasse aux sorcières aujourd'hui."
-> Disons qu'il faut bien préparer son coup en amont. Par exemple avoir une domiciliation ailleurs, pour ne pas être accusé de vivre sur un terrain hors la loi. Construire plusieurs cabanons (ça se fait sur des années, mais on se donnele temps une fois qu'on a quitté la société : 1 chambre, 1 cuisine, 1 atelier, 1 salle d'eau, etc...) répondant aux spécifications de l'abri de jardin pour n'avoir à faire que des déclarations sans permis de construire, choisir avec soin la commune sur laquelle se trouve la parcelle qu'on vise (certaines mairies seront plus tatilonnes que d'autres), se mettre bien avec les propriétaires des parcelles voisines pour ne pas très soupçonné de vol dans les vergers, par exemple, et avec les chasseurs, pour ne pas prendre un coup de fusil pendant la saison. C'est un travail de longue haleine, mais ce n'est pas pire que d'essayer d'entretenir des relations de bon voisinage dans une cité HLM.
Après, la vie est plus compliquée : il faut puiser son eau été comme hiver, il faut couper son bois pour se chauffer et pour cuisiner, il faut bûcheronner et pour construire et entretenir ses constructions, l'électricité est rationnée par les panneaux solaires, et quand tu dois faire des courses, tu as intérêt à ne rien oublier parce que le premier supermarché n'est pas au bas de la rue. Malgré tout, jamais je ne reviendrai vivre en ville, même si de temps en temps j'accepte des CDD au SMIC pour toujours avoir une réserve en cas de coup dur.

sam35 · 2026-09-08

@Daniel : 17 ans dans la grande distribution !? Chapeau : ça mérite une médaille pour avoir survécu à cet univers impitoyable (et c'est pas Dallas). Si bien que tu ne m'en vendras pas d'aller, deux fois par semaine, chez des paysans bio du coin acheter directement leur production. Je mange mieux, pour moins cher, et je réduis le CA des grandes surfaces. Triple effet Kiss Cool 🥳

Daniel · 2026-09-09

Je ne t'en veux certainement pas : j'en fais autant ; tout simplement parce que je me suis aperçu que je pouvais y être en dix minutes à pied, alors qu'il me faut le double à moto pour me rendre dans un commerce en ville... C'est donc double bénef' ! 😄